fr fr fr en us es es pt br de de Asia Asia EU EU









Vortex Nazare

Ecrit par François Maugis

(Association Energie Environnement - http://assee.free.fr)

Les tours solaires de type « vortex » (rotational flow wirling system) sont à l’heure actuelle les seules unités de production d’énergie comparables, en terme de puissance, aux centrales électriques modernes.
Toute la question est de savoir si ces tours solaires peuvent atteindre les performances annoncées. Si tel était le cas, l’espèce humaine pourrait, sans pénaliser son avenir, abandonner les techniques classiques polluantes et chères. Ce que l’on appelle aujourd’hui les centrales aérothermiques ou tour à vortex, (Atmospheric Vortex Engine), dont le principe repose sur la domestication des tourbillons ascensionnels ou mini cyclones, doivent être distinguées des simples cheminées solaires (single flow upwind system) dont on a beaucoup parlé (projet de tour australienne de 1000 m en particulier), mais dont le rendement est beaucoup plus faible).

L’association Energie Environnement fait le point sur cette question.
Plans de la tour à dépression 1956
Plans de la tour à dépression 1956
LA CENTRALE SOLAIRE AEROTHERMIQUE :
(Le seul projet "énergie douce" à la dimension des besoins de la planète.)
Deux chercheurs ne se connaissant pas sont arrivés à la même conclusion :

- Il s'agit tout d'abord du professeur français Edgard NAZARE, ingénieur d'aéronautique, spécialisé en mécanique des fluides, co-fondateur du Bureau de Recherche Aéronautique d'Alger, devenu, après la deuxième guerre mondiale l'ONERA. Ayant longuement travaillé au Sahara, il eut la possibilité d'observer de nombreux tourbillons de sable. Ce sont ces observations mesurées scientifiquement, qui sont à l'origine du projet de construction d'une centrale aérothermique. Voir brevets français: N° 1439849 - P.V. 983953 demandé le 3 août 1964 à Paris (Générateur de cyclones artificiels) et la demande de brevet N° 8205544 - N° de publication: 2524530 (procédé pour la construction de tours de centrales aérothermiques) déposée le 31 mars 1982. Après avoir fait plusieurs autres découvertes scientifiques d'importance, Edgard NAZARE est mort à Paris dans la misère le 13 septembre 1998, sans avoir pu construire la tour de 300 m qui lui tenait tant à cœur.

- Il s'agit ensuite du professeur canadien Louis M. MICHAUD, Process control engineer qui publia ses premiers travaux dans les années 1970. À cette époque, son projet était très comparable au projet Nazare. Michaud proposait d'amorcer le phénomène tourbillonnaire avec des brûleurs situés au bas de la tour, alors que Nazare pensait que le phénomène pouvait s'amorcer par le simple effet de cheminée.
Aujourd'hui, Michaud développe toujours son projet qu'il a baptisé Centrale A.V.E. (Atmospheric Vortex Engine).
Cf. sur ce site la page : Vortex Michaud


DESCRIPTION SOMMAIRE DES DEUX PROJETS:
La centrale aérothermique expérimentale en forme de venturi que souhaitait construire Nazare a une hauteur et un diamètre de base de 300 m, un diamètre au col du venturi de 30 m et, pour une différence de température (delta t) de 30 °C entre les couches hautes et basses de l'atmosphère, une puissance électrique de 200 MW (mégawatts) environ.
La centrale A.V.E. de Michaud est une tour cylindrique d'une hauteur de 100 m pour un diamètre de 400 m. Le tourbillon atmosphérique généré par cette tour aurait un diamètre de 50 m à la base et une hauteur pouvant atteindre 20.000 m. Comme pour la tour Nazare, la puissance électrique annoncée de cette centrale est de l'ordre de 200 MW.
On est frappé par le parallélisme et les similitudes de ces deux projets.

LE PROJET FRANÇAIS DE CENTRALE AEROTHERMIQUE :
Un programme cohérent et sérieux de recherche développement de la tour solaire Française a été lancé par le secteur privé.
Il s’agit du programme développé par la société Française SUMATEL (1). Cette dernière avait été contactée par le professeur Nazare qui avait pu, avant son décès en 1998, en tracer les grandes lignes. L’intérêt de ce projet vient d’être confirmé par le professeur Canadien Louis M. MICHAUD qui a accepté de collaborer avec la société SUMATEL.
Après les essais très prometteurs qui débutèrent en Savoie en 1997 sur une maquette de 6 mètres de hauteur (voir photo jointe), une nouvelle série d’essais était prévue en 2006 sur le site de la centrale de Bouillante en Guadeloupe où une nouvelle maquette de 60 m doit être construite. Ces nouveaux essais qui bénéficieront de l’apport calorique d’un puit géothermique, permettront en particulier d’affiner les prévisions des ingénieurs. En effet, selon les dernières études de SUMATEL, la puissance électrique d’une tour à vortex de 300 m de hauteur ne serait que de 180 à 310 MW alors que, dans les mêmes conditions (delta t compris entre 30 et 50°C) le professeur Nazare prévoyait une puissance de 200 à 600 MW. Mais, même dans l’hypothèse basse, le projet paraît intéressant, aussi bien sur le plan économique (possibilité de fabriquer de l’hydrogène à bas prix dans tous les pays tropicaux), que sur le plan écologique (énergie particulièrement propre et possibilité de provoquer la pluie dans les zones arides). On peut également penser que, comme les cyclones tropicaux, mais à plus petite échelle, la multiplication dans le Monde des centrales aérothermiques, et le remplacement progressif des centrales polluantes, aurait un effet régulateur du climat dû au brassage de l’air et permettrait de lutter contre le réchauffement climatique de la planète.

François MAUGIS


(1) Société SUMATEL, allée les Perce-neiges 73540 LA BATHIE (France)

Premier prototype d’essais d’une tour à dépression de 6m réalisé en 1997 par la société SUMATEL
Prototype de vortex Nazare
Réacteurs Météorologiques
Margotweb